The Pains…, la science des rêves

29 Mar

Belong signe le retour très attendu des New-Yorkais de The Pains of Being Pure at Heart, qui avaient remis au goût du jour le shoegaze et la noisy pop dans leur premier album, il y a deux ans. Critique.


© Franck Alix

En 2009, The Pains of Being Pure at Heart sortait un premier album en forme de madeleine de Proust (The Pains of Being Pure at Heart). Quatre post-ados new-yorkais remettaient au goût du jour les réverbs eighties dans un entrelacs d’accords entendus jadis dans les disques de My Bloody Valentine et The Field Mice – ce groupe héros du label anglais Sarah Records. Alors que certaines âmes romantiques et casanières continuaient de rêver anachroniquement à des flirts asexués (l’éternelle affection de la pop pour l’adolescence), The Pains’ les réactualisaient d’un coup avec une insolence pleine de fureur pucelle, qui a dû émouvoir pas mal de crânes dégarnis.

La sortie de leur deuxième album, Belong, aurait pu marquer une rupture avec cette écriture  nostalgique qui caractérisait leurs débuts. Il n’est d’ailleurs pas absurde de penser que le Ep Higher Than The Stars, qui a suivi de peu le disque inaugural, annonçait la fin d’une (brêve) époque et un nouveau départ. Sauf que les premières notes de la chanson titre révèlent d’emblée que le groupe n’a pas dévié de son cap. Si la production s’avère plus musclée (le son gagnant en arrangements sophistiqués ce qu’il perd en charme artisanal), la formule reste la même. « Belong » et ses refrains (micro-)épiques aux guitares nerveuses évoquent la pop planante de School Of Seven Bells, leurs amis de Brooklyn. « Heart in Your Heartbreak », l’autre single, est une ritournelle euphorique et implacable : « she was the heart in your heartbreak, she was the mis in your mistake ». Un sommet d’écriture dépouillée, où l’on frôle l’idiotie – ce stade de complaisance mélancolique post-déception amoureuse.

Mais les grands sentimentaux sont aussi des têtes à claques. Trop de sensiblerie à fleur de peau boutonneuse tue la sensiblerie et on s’enlise assez vite dans le ventre mou de l’album. Les pénibles « The Body » et « Anne With an E » sont dénués de cette violente douceur qui animait le premier LP du groupe (« Young Adult Friction », par exemple), et se traînent en longueurs. Pire, « Even in Dreams » met un pied et demi du mauvais côté de la ligne et le tendre lyrisme de sombrer dans la mièvrerie : « even in dreams I will not betray you » – ça alors ! Le shoegaze aérien de TPOBPAH devient aussi écoeurant qu’un milkshake à la rubarbe et on serait presque tenté d’enfiler un pantalon en cuir pour écouter Motörhead en buvant des 8’6 tièdes.

Par chance, on finit par céder de nouveau sur la fin, grâce à « Too Tough », qui n’est pas loin de mettre en abîme les limites du groupe. Etrange, pensez-vous ? Ca tombe bien, c’est le titre du morceau (« Strange ») qui conclut joliment un disque jouant aux montagnes russes. Du coup, on replonge dans la rêverie teenage des New Yorkais en fermant très fort les yeux. Mais pour combien de temps ?

"Say No To Love" - The Pains Of Being Pure At Heart


Toma Clarac

The Pains of Being Pure at Heart, Belong – (Slumberland Records / PIAS) – Sortie le 28 mars 2011


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