Severini à l’Orangerie : un futuriste pas si avant-gardiste

3 Mai

La grande rétrospective consacrée par le Musée de l’Orangerie au peintre italien Gino Severini (1883-1966) révèle les autres facettes d’un peintre connu pour être un fer de lance du mouvement futuriste. Mais expose aussi les faiblesses d’une œuvre somme toute très datée.


Il est des rétrospectives qui révèlent le caractère universel d’un artiste, son atemporalité et son unicité. « Gino Severini, futuriste et néoclassique », qui vient d’ouvrir ses portes au Musée de l’Orangerie à Paris, n’en fait malheureusement pas partie.

L’enjeu est louable de revenir sur un peintre  connu pour son adhésion au mouvement futuriste, intermédiaire entre les artistes italiens et français durant les années 1910. Les toiles de cette période sont remarquables à tous égards. Le plus français des futuristes italiens, formé au pointillisme dans la lignée de Seurat, décompose la couleur et le mouvement, dans une recherche d’un langage universel qui le conduit aux limites de l’abstraction.

Gino Severini (1883-1966) Expansion sphérique de la lumière centripède et centrifuge. Simultanéisme (1913-1914) Utica (N.Y.), Munson-William-Proctor Arts Institute, Museum of Art © DR / Munson-William-Proctor Arts Institute, Museum of Art © ADAGP, Paris 2011

À ce titre, Expansion sphérique de la lumière centripède et centrifuge. Simultanéisme (1913-1914) est révélateur des effets luministes et des recherches très abouties du peintre en la matière.

Des faiblesses

Il faudrait s’arrêter là, à mi-parcours. Ensuite, Severini n’invente plus, il suit.
L’intérêt de l’exposition est de montrer au public un artiste touche-à-tout, du cubiste influencé par (copiant ?) Juan Gris, au néoclassique s’engouffrant dans le courant du retour à l’ordre des années 1920. Les tableaux de cette période ne supportent pas la comparaison avec les œuvres exécutées une décade auparavant, datés dans le temps et l’histoire.

L’accrochage lui-même semble  prendre  conscience de cette faiblesse intrinsèque, accélérant le déroulé des œuvres jusqu’à un fade Arlequin, exécuté, au sens propre comme au figuré, en 1938. Severini ne meurt  qu’en 1966. De sa production entre ces deux dates, l’exposition ne nous dit rien. On aurait envie de dire : « Tant mieux ? »

Francine Guillou

« Gino Severini (1883-1966 ), futuriste et néoclassique » jusqu’au 25 juillet Musée de l’Orangerie, Jardin des Tuileries 75001 Paris tél. 01 44 77 80 07 www.musee-orangerie.fr tlj sauf mardi, 9h – 18h.

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