Helplessness Blues… Et Fleet Foxes survit à la hype

3 Mai

La bande de Seattle continue à redéfinir les bases du folk contemporain avec Helplessness Blues, leur nouvel album tant attendu.

Sur une plage de Seattle © Suzanna Howe

Tôt ou tard, ça finit par arriver. Ce sentiment trouble que tout groupe éprouve au moment d’accoucher d’un deuxième album, après un début époustouflant. En 2008, la bande  de Seattle est devenue bien plus qu’un simple succès des ventes: ils ont déclenché le phénomène du revival folk et donné des ailes à une nouvelle génération de groupes amenés à revitaliser la déjà puissante scène indie américaine. Exaltés des deux cotés de l’Atlantique où médias généralistes et spécialisés  les ont vus comme la “révélation de l’année” (The Guardian les a qualifiés de “classique instantané”),  les partitions harmonieuses et le raffinement mélodique de ces sympathiques barbus ont vite fait l’unanimité.

Helplessness Blues, deuxième essai du groupe de Seattle

Mais un si tel succès peut rapidement s’avérer handicapant –certains l’attribuent à une puissante promotion-, qu’en est-il de Helplessness Blues, deux ans et demi plus tard? Robin Pecknold et ses camarades en chemise de flanelle ont pris leur temps pour livrer un travail plus pur et plus puissant que son prédécesseur. Ils parviennent ici à prouver qu’ils transcendent les tendances, la hype, les « branchitudes » et toute autre néologisme, avec 12 titres riches et reposants mêlant les influences folk californiennes et britanniques héritées de Crosby, Still, Nash & Young ou encore Simon & Garfunkel.

Dans ce nouvel album, on reconnaît les mêmes voix, les mêmes percussions, les mêmes arrangements qui faisaient l’intérêt de leur premier album. Cependant, les poils se hérissent de façon tout à fait différente car les émotions sont bien plus mûres et directes, et  dépassent la spiritualité parfois mollassonne qui se dégageait à leur début.  Si Pecknold ne semblait pas toujours très bien savoir de quoi il souhaitait parler dans ses textes, il parvient dans Helplessness Blue  à se faire comprendre avec une litanie de propos existentialistes et de tourments personnels. Les harmonies vocales, les arrangements de plus en plus amples et maîtrisés et une production très propre font le reste : ils procurent une émotion lo-fi et imposent un respect impérial. On retiendra l’envoutant crescendo de The Plains/Bitter Dancer, le single ensoleillé Grown Ocean et le génie de The Shrine/An Argument, titre en trois mouvements qui dépeignent les étapes d’une rupture amoureuse.

Les Fleet Foxes peuvent être soulagés. Helplessness Blue suscite les mêmes sentiments d’émerveillement et de ravissement que l’on avait ressentis en découvrant pour la première fois les joies simples de leur chant choral à quatre voix. Une fois de plus, ces cinq « bûcherons » sont parvenus à réanimer quelques siècles de tradition en survivant à la hype. Vous n’avez rien à craindre, les gars.

Alan Giménez

Fleet Foxes, Helplessness Blues, Bella Union, 2011

Le clip de Grown Ocean

FOCUS : Un groupe entre rock et folk

À mi chemin entre le rock et la folk, ce groupe originaire de Seattle propose des mélodies travaillées riches en harmonies vocales. Robin Pecknold (chant et guitare), Skye Skjelset (guitare), Josh Tillman (batterie et chant), Casey Wescott (claviers guitare et chant) et Christian Wargo (basse, guitare et chant) définissent leur musique comme une sorte de confiture « baroque-harmonique pop » où des chansons aux structures à la fois complexes et limpides renvoient à l’âge dorée de la folk ensoleillée de l’Ouest américain. Après un premier EP intitulé Sun Giant, le quintet sort son premier album homonyme le 25 août 2008 en France. Le magazine américain Rolling Stone crédite le disque de 4 étoiles et il est nommé « album de l’année » par Billboard après avoir fait l’unanimité d’une critique internationale les comparant aux Beach Boys ou à Band of Horses.

Enregistré durant une année entre Avast Recording, Bear Creek Studios, Dreamland Studios et Reciprocal Recording, leur nouvel album Helplessness Blues a été mixé par Phil Ek, producteur consacré de la scène indépendante et père des derniers albums de The Shins, The Dodos ou Shout Out Louds. Le groupe entamera en mai une tournée nord-américaine et européenne, qui passera par Paris le 30 mai, au Bataclan.

A. G

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