« Paris en toutes lettres », au cœur de l’actu

3 Mai

Des banquets littéraires, des bals, des cabarets, des lectures relais, croisées et musicales, des concerts… Du 5 au 8 mai, « Paris en toutes lettres » célèbre la littérature sous toutes ses formes, en intérieur et en plein air. Au cœur de cette troisième édition un thème en prise avec l’actualité : « les écrivains qui s’inquiètent du monde ». Petit tour de piste des rendez-vous où l’auteur use de sa plume pour exprimer son point de vue sur la société qui l’entoure.

Paris en toutes lettres 2011, affiche ©Mairie de Paris

« Le style fondamental de mon écriture a été de partir de mes problèmes personnels et de les relier avec la société, l’État, et le monde. » Ces mots signés Kenzaburo Oe, prix Nobel de littérature 1994, rythmeront l’ensemble d’un festival marqué cette année « par un thème fort et symbolique« , dont Christophe Girard, adjoint chargé de la Culture, se réjouit.

« Les écrivains s’inquiètent du monde »… Quels rendez-vous se dissimulent derrière cette thématique pleine de promesses ? Le directeur artistique de l’événement, Olivier Chaudenson, répond : « Nous ferons cette année une large place à des textes qui interrogent notre monde troublé, préoccupant, qui se confrontent à ses soubresauts tragiques et ses tensions quotidiennes. Qu’ils sondent l’économie, la politique, les relations sociales, l’écologie, les migrations ou la guerre, les écrivains s’engagent littérairement et politiquement, par la forme et par le regard.« 

Printemps arabe

Parmi les incontournables, une rencontre, celle de trois écrivains d’origine arabe : Darina Al Joundi, romancière tunisienne, Hélé Beji, essayiste tunisien, et Kamel Daoud, écrivain-journaliste algérien. Le dimanche 8 mai, à 16h30, ils livreront au 104 leurs sentiments sur le Printemps arabe, tournant historique pour les pays du Maghreb. À travers cet échange, ils aborderont le pouvoir des mots et les difficultés qu’un écrivain peut rencontrer lorsqu’il désire témoigner d’un instant clé de l’actualité. Quel est le rôle de la littérature dans ces moments là ?

Ils témoigneront de leurs expériences respectives, de leur propre rapport au monde arabe. Pour Hélé Beji « Tunis s’est transformé en agora » (La Croix, 23 février 2011). De son côté, Kamel Daoud reste profondément marqué par son interpellation le 12 février 2011, jour de rassemblement à Oran. Le journaliste explique dans DNA (Dernières nouvelles d’Algérie) que la manifestation touchait pourtant à sa fin. Malgré le retour progressif au calme, le corps policier poursuit une répression excessive que Kamel Daoud qualifie de « disproportionnée ». « On m’a traité de tous les noms, insulté dans ma dignité et menacé d’être poursuivi pour entrave à la justice. J’ai ressenti de la haine dans leurs propos, dans leurs gestes et après avoir décliné mon identité, interrogé sur les raisons de ma présence sur les lieux. »

Comment révéler sans trahir la réalité du terrain ? Comment trouver les mots pour décrire la force d’un événement déterminant ? L’écrivain doit-il, oui ou non, mettre de côté sa subjectivité ? Autant de questions que se poseront ensemble les trois écrivains.

Entretien avec Kamel Daoud par Algérie-Focus à propos de la liberté de la presse en Algérie.

Et aussi

Sofi Oksanen © Paris en toutes lettres, Mairie de Paris

– Sofi Oksanen

La Gaîté lyrique accueille entre ses murs un grand entretien avec le Prix Femina étranger 2010 Sofi Oksanen et l’actrice française Christine Boisson. Dans Purge, la romancière finlandaise dresse un portrait critique de l’Estonie du XXe, un pays marqué par la présence de l’Allemagne et des soviétiques puis par l’indépendance, suivie de l’arrivée mal vécue d’un nouveau modèle économique : le capitalisme. Sofi Oksanen parlera entre autres du rapport entre littérature et histoire, entre lettres et actualité.

– Victor Hugo, « l’insurrection qui vient »

Le journaliste Édouard Lanet propose une lecture-relais à la terrasse des libraires le vendredi 6, le samedi 7 et le dimanche 8 mai de 16 heures à 18 heures. L’idée est de rassembler au total soixante lecteurs qui tour à tour liront à voix haute un extrait du roman Les Misérables. Quel rapport avec le thème transversal ? L’insurrection, que l’auteur glisse au sein de ce véritable plaidoyer social.

Si l’expérience vous tente, direction les inscriptions, par ici.https://m2jc2010.wordpress.com/wp-admin/post.php?post=4515&action=edit

– Zola/Dreyfus, « la Vérité en marche »

« J’Accuse…! » Émile Zola ©L’Aurore, 16 janvier 1898

La Mairie du 17e arrondissement de Paris organise une lecture-promenade avec pour guide l’historien Lucien Maillard et la Compagnie Clarance. Le concept ? Célébrer le 110e anniversaire de la publication de La Vérité en marche d’Émile Zola, un ouvrage réunissant l’ensemble des articles rédigés par l’auteur en faveur de l’innocence du capitaine Dreyfus, soupçonné d’avoir livré des documents secrets français à l’Empire allemand. L’accusé sera finalement innocenté. Parmi les textes rassemblés, le célèbre « J’Accuse…! » publié le 16 janvier 1898 dans le journal L’Aurore.

Rendez-vous à 15 heures le jeudi, le vendredi et le samedi, à 16 heures le dimanche. Deuxième lecture le samedi à 17 heures. Départ : 7, rue des Renaudes dans le 17e.

La Liberté guidant le peuple, tableau d’Eugène Delacroix (1830) ayant probablement inspiré Victor Hugo pour Les Misérables.

– « Écriture et engagement »

Les écrivains Jérôme Ferrari, Jean Hatzfeld et Laurent Mauvignier s’interrogent sur le rapport entre réel et histoire le samedi 7 mai à 18 heures au 104. Au centre de leur récit : la violence, celle qui marque en profondeur le corps et l’esprit.

-L’engagement au bout de la plume

Le vendredi 6 mai à 19 heures, l’INA projette à la Gaîté lyrique un film au sein duquel se retrouvent Kateb Yacine, Milan Kundera, Aimé Césaire, François Mauriac et Susan Sontag, autant d’intellectuels de renom qui ont à leur façon marqué les débats politiques et/ou sociaux de leur temps, le XXe siècle.

Les différents événements présentés ici ne sont qu’un échantillon extrait d’un riche programme, à consulter en long et en large ici.

Informations pratiques :
Du 5 au 8 mai 2011 en intérieur et en plein air dans tout Paris.
Trois lieux centraux :
- La Gaîté lyrique, 3bis, rue Papin 75003 Paris
- Le Centquatre, 5, rue Curial / 104, rue d’Aubervilliers 75019 Paris
- Le Point Ephémère, 200, quai de Valmy 75010 Paris

Cécile David

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