Speedy Graphito, peintre street artiste

Olivier Rizzo dit Speedy Graphito fait partie des « imposteurs » pointés du doigt par les puristes du graffiti. Dès ses débuts dans les années quatre-vingts, il jongle avec habileté entre la rue et les galeries, aussi à l’aise avec une bombe en extérieur qu’en intérieur. « Il a tout compris » dit de lui Lokiss, dépité.

Un graffiti signé Speedy Graphito, juin 2010, Paris ©Groume

Étant vous-même à la limite entre la peinture exposée dans les galeries et le graffiti bombé sur les murs, quelle définition donneriez-vous au street art ?

Le street art est un phénomène artistique mondial regroupant tout artiste ayant des affinités avec la rue ou influencé par l’esthétique urbaine.

Dénature-t-on le street art en l’exposant dans les galeries ou en faisant une exposition collective comme ce fut le cas l’an dernier avec « Tag » au Grand Palais ?

Comme tout mouvement, très vite des règles s’établissent. Cela a tendance à enfermer la créativité. Je suis pour casser ces codes.

Il n’y a pas de règles et chacun doit suivre sa propre intuition. En être ou ne pas en être, cela n’a aucune importance. L’important est d’être libre et de peindre comme on a envie.

Je n’ai pas de jugement à faire sur l’exposition « Tag ». Je n’ai pas voulu y participer pour cause de contraintes trop restrictives ( format, thème) mais je ne condamne pas cette exposition et ses intervenants. La démocratisation de l’art le rend plus accessible et donc plus intégré dans la vie. L’art doit être vivant.

Pensez-vous que l’on puisse à la fois se revendiquer graffeur dans la rue et dans les musées ?

Tout est possible, pas d’interdit.

N’y a-t-il pas quelque chose de paradoxal dans cette démarche ?

Pour un artiste, l’important est de pouvoir vivre de sa passion. Quand je vend une toile, je ne vend pas mon âme, je me donne juste du carburant pour pouvoir continuer à produire. Je n’ai pas de problème avec ça.

Miss.Tic confie être aussi à l’aise sur les murs de la rue qu’en galerie. Partagez-vous ce sentiment ?

Oui. Donner d’un coté, récolter de l’autre. La notion d’argent ne devient plus primordiale dans le rapport à la production artistique et c’est tant mieux.

N’éprouvez-vous pas des sensations plus intenses en œuvrant dans la rue ?

L’illégalité n’a jamais été mon moteur créatif. Le travail de rue est fondé sur l’énergie, celui d’atelier sur l’introspection. Les deux sont complémentaires. Peindre une toile en sachant qu’elle vaut plus de 40 000€ met aussi une pression.
Le stress se cache partout.

Performance de Speedy Graphito
Le 5 février 2011, Mairie des Lilas (Seine-Saint-Denis)

Emma Aurange, Cécile David, Camille Thomine

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2 Réponses to “Speedy Graphito, peintre street artiste”

  1. Sharlot Stoned 19 mai 2011 à 22:22 #

    la photo du graffiti en haut date peut-être de 2010, mais pas le graffiti en lui-même qui doit lui dater des années 80…
    et puis, le tag n’a rien à voir avec le graffiti…
    ce qui est dommage de manière générale dans tout ce que l’on lit et voir sur ces artistes, c’est le manque de repères dans le temps pour avoir une vision plus exacte de leur travail, de leur évolution. certains, dont Speedy Graphito ont commencé il y a bientôt 30 ans, c’est énorme.

  2. Sharlot Stoned 19 mai 2011 à 22:28 #

    et puis de grâce, attention aux fautes d’orthographe
    je vends ….

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