Le passage au numérique : décryptage à la loupe

Diaporama du matériel de projection (© Chloé Chochard-Le Goff, Valentine Bossi-Bay, Alan Giménez)

Avec la prolifération des multiplexes et l’installation des cartes illimitées, l’arrivée du numérique s’annonce comme la dernière étape de la transformation de la diffusion cinématographique. Cette mutation permet une meilleure qualité d’image et l’achat des copies à un prix moins élevé. Toutefois, elle reste aujourd’hui trop coûteuse pour beaucoup de petites salles.

Le numérique : passage obligé

Le démontage massif du matériel de projection 35mm est déjà lancé dans beaucoup d’établissements qui projettent désormais, exclusivement (ou presque) en numérique. En 2010, 123 long-métrages sont sortis en première exclusivité sur des copies numériques, dont 100 en version 2D uniquement et 23 en 3D.

Du côté des salles, l’installation des équipements de diffusion numériques est un passage obligé. Selon la base de données Cinego qui recense les écrans numériques français, 1836 écrans étaient déjà équipés (un peu moins de 34% du parc de salles national) au 3 janvier 2011. Sur ces écrans, 1043 (57%) appartiennent à six des sept circuits de salles qui rassemblent plus de 80 écrans en France : UGC, Europalaces, CGR, MK2, Kinepolis et Cineville. Les cinémas indépendants, de leur côté, comptent 793 écrans numériques sur un total de 3875 (environ 20%).

Parmi les raisons qui poussent les gérants des salles à tomber sous le charme du numérique, deux arguments reviennent : le débarras des vieux projecteurs et le stockage massif de films dans un espace réduit. Pour installer un matériel numérique, il suffit d’un serveur et d’un projecteur numérique, les deux équipements de base de la salle du futur.

Le serveur, assure d’abord la réception et le stockage des fichiers de films DCP. Ce dernier les décode et les décompresse avant de les envoyer au projecteur. Une fois réceptionnés, les fichiers de films sont répartis sur les disques durs implantés dans le serveur dont la capacité de stockage dépend du nombre et de la capacité des disques durs qu’il contient. Finalement, le lecteur intégré envoie, comme par le passé, les informations liées aux images vers le projecteur et celles liées au son vers les amplificateurs.

Les techniques des projecteurs numériques diffèrent de celles des anciens, notamment par rapport à la taille et à la qualité d’image. À ce jour, deux technologies de projection numérique offrent une résolution au moins égale à celle du 35mm : le DLP cinéma de Texas Instruments et le SXRD de Sony. Le dernier étant encore en période de perfectionnement laisse la place au premier dans la majorité des salles reconverties. Sa taille, celle d’un ongle humain, et sa résolution de 2K (le format 4K est attendu pour cette année) permet de projeter les longs-métrages avec une incroyable netteté et des détails précis dans une gamme pouvant atteindre 35 trillons de couleurs.

Du physique à l’immatériel

Partie du projecteur numérique © Mike Renlund

Le cinéma numérique englobe tous les aspects du processus d’élaboration d’un film, de la production, à l’exploitation, en passant par la distribution. C’est justement cette dernière étape qui concerne aussi les salles de cinéma qui doivent s’adapter pour pouvoir réceptionner les films distribués en mode numérique.

Dans le passé, les distributeurs ont eu recours à différents types de supports comme les cassettes numériques ou les DVD. Cependant, avec la normalisation du cinéma numérique, le disque dur s’est imposé comme l’unique support de diffusion. Cet appareil de la taille d’un livre de poche peut stocker 1 à 2 long-métrages compressés au format JPEG2000, et est réutilisable une centaine de fois.

Le disque dur est placé dans le lecteur qui transfert son contenu dans le serveur. Une opération plus simple que celle des bobines, plus fragiles, leur installation est plus contraignante pour certains.

La distribution immatérielle des films par ADSL ou satellite est appelée à remplacer tout autre sorte de distribution dans un futur très proche. Ainsi, les salles de cinéma numérique pourront recevoir des programmes par réseau ADSL ou par satellite, à travers une antenne d’une capacité de 30 Mégabits par seconde.

Alan Giménez

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