Les salles indépendantes : vie et survie des derniers gardiens de la diversité culturelle

Le cinéma est depuis bien longtemps une entreprise commerciale avec ses stars, ses paillettes et ses fortunes colossales. Mais, avec le néolibéralisme il a franchi un nouveau stade qui vient étouffer la création.

Une inquiétude constante

Les salles qui bénéficient de l’appellation « Art et Essai » résistent aux attaques des multiplexes. Leur personnalité, le label de qualité ou même leur charme un peu rétro ne rendent pas le combat moins difficile et les fermetures des salles s’enchaînent, provoquant l’inquiétude et l’indignation de leur personnel et de leurs habitués. Selon le quotidien Le Monde (article publié en juin 2008), de nombreuses petites villes de moins de 20000 habitants risqueraient de se voir privées de leur cinéma. Mais elles ne sont pas les seules victimes, les moyennes et grandes villes sont aussi touchées.

Fermeture de l’Odéon à Lyon (2009) © Loïc Blache

Bordeaux, Lyon ou Rouen sont quelques exemples de la situation désespérée des cinémas indépendants en France. En cinq ans, leurs habitants ont dû faire face à la fermeture de salles emblématiques comme le Jean Vigo, l’Odéon ou le Melville. Une réalité qui s’avère préoccupante dans la capitale où selon le CNC le nombre d’écrans est passé de 456 en 1977 à 362 en 2009.

Des fermetures généralement dues à l’implantation de multiplexes. Si la nécessité d’améliorer la sécurité et le confort des salles est souvent évidente, les déclarations d’intention des municipalités de maintenir l’activité « Art et Essai » ne suppriment pas les inquiétudes. En effet, le prétexte d’une amélioration des gestions de salles est souvent invoqué, mais les conséquences qui en résultent mettent en concurrence salles indépendantes et multiplexes.

Des aides suffisantes ?

En France, le CNC a pour rôle de veiller au maintien des spécificités cinématographiques et d’aider financièrement les exploitants de salles. En tant qu’établissement public directement en lien avec le Ministère de la Culture, il a mis en place un Fonds de soutien qui vient en aide aux salles à partir d’une taxe de 11 % prélevée sur chaque billet vendu. Les cinémas participants peuvent ensuite l’utiliser pour faire des travaux. Par ailleurs, les collectivités territoriales et les régions mettent régulièrement en place des plans d’aides aux petites salles.

Avec le numérique, de nouvelles dispositions doivent être prises. Par la loi du 30 septembre 2010 concernant l’équipement en numérique des salles indépendantes, les distributeurs doivent financer une partie de l’installation chez les exploitants projetant leurs films.

Michel Herbillon, Député du Val-de-Marne, s’exprime au sujet de son texte de loi sur l’équipement des salles de cinéma qui passent au numérique (16 juin 2010). © Groupe UMPAN

Cette contribution ne se faisant que les deux premières semaines suivant la sortie du film, les salles ne programmant pas le nouveau film durant cette période se voient privées de cet apport financier. Elles peuvent alors faire appel au Fonds de soutien, aux plans d’aides des collectivités régionales et territoriales mais cela risque de les priver de ressources si elles ont par la suite des besoins imprévues. Un nouveau plan d’aides serait alors nécessaire pour les 1500 salles indépendantes qui n’ont pas les moyens de payer une partie de l’installation elles-mêmes.

Alan Giménez

 

Le financement du numérique

VPF : contribution versée par les distributeurs

 

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